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25 décembre 2013 3 25 /12 /décembre /2013 12:01

… on les pendra mais en réalité on rêve tous d’être à leur place.

 

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(Blockheads – this world is dead LP – 2013]

Par ma définition, le grindcore est une révolution, un acte de guerre. Jamais donc je ne demanderai à un groupe de grind de révolutionner le genre. Pour cette simple raison, This World Is Dead représente tout, absolument tout ce que je peux attendre du style, tout ce que j’y entends dans mes 25 ans de discographie de grindcore. L’urgence, la radicalité, le thrash, le crust, le punk, le feu, l’implosion d’un bidonville, le fracassement de la tronche de Sarko sur celle de François – zéro plus zéro égal deux têtes de conno -, Phobia, Napalm Death, Disrupt, Paris qui brûle, Hilton qui hurle, le viol collectif d’une vilaine traînée dénommée société. Autant de parallèles simplistes et métaphores usées que vous voudrez et que tolère le grind. Dont acte.

 


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[Iron Lung – white glove test LP – 2013]

En 2012, j’ai vu Dropdead donner un concert qui restera longtemps sans équivalent. Dans le même ordre d’idées, en 2013 est sorti le nouvel album d’Iron Lung. Interdiction de l’éviter. Cette guerre-là est ESSENTIELLE, aucun surplus de mots ne pourra être justifié. 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

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[Nails – abandon all life LP – 2013]

Toujours aussi étrange, ce groupe réussit encore à faire d’un album expéditif (moins de 20 minutes) et a priori basique (moins de quatre accords), produit par Hulk (Southern Lord signe), un disque plus savoureux que 90% des sorties grind/hardcore de la même année. On n’y comprend pas grand chose, si ce n’est qu’en termes de baffes qu’auraient rêvé d’asséner His Hero Is Gone ou Assück en leur temps, Nails s’impose en distributeur officiel. Je tends l’autre joue, mon Père.

 

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[Weekend Nachos – still LP – 2013]

Je m’emballe avec Nails et Iron Lung, puis je me tire une balle dans le pied : les mots manquent pour défendre Weekend Nachos, le groupe furax qui me ferait presque oublier la perte d’In Disgust. On connaît la recette et à mesure que le groupe la ressert, il l’optimise. Still est plus expéditif que Worthless (2011), les interludes hyper plombés se raréfient, raccourcissent et, en parallèle, la (power-)violence pure se fait de plus en plus digeste, les breakdowns se multiplient, la production s’éclaircit… Weekend Nachos devient un groupe hardcore de plus en plus impitoyable, de mieux en mieux structuré, de plus en plus digeste. Donc le nombre d’écoutes augmente. Still est un magnifique sparring-partner pour Nails et Iron Lung, le troisième maillon d’un groupe de têtes de gondole d’une scène qui jamais ne s’essouffle. On attend maintenant la tournée en été 2014… d’ACxDC.

 

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[Jello Biaffra & The Guantanamo School of Medicine – white people & the damage done CD – 2013]

Aucune prise de risques, aucun culot, aucune originalité : je cite Biaffra comme tout le monde, comme chaque année depuis qu’il est entouré du Guantanamo School Of Medicine. Comme les deux disques avant lui, White People & The Damage Done replace Jello au sommet, est intégralement pensé par et pour lui, glorieusement taillé sur mesure. Il prêche et scande son speech comme un jeune, assaille son pays de coups dans les burnes, domine des pieds et de la tête une musique qui a tout des Dead Kennedys hormis le nom. Quelle importance puisqu’elle fait oublier les trois décennies écoulées depuis 1980 ? Musicalement, personnellement, c’est l’extase.

 

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[Palehorse -  harm starts here CD – 2013]

J’ai oublié à quand remonte la dernière découverte provenant des productions Candlelight… Autre conséquence du dramatique besoin de me rendre hebdomadairement chez mon disquaire : entendre en fond sonore un disque qui d’abord me rappelle Hint, puis vaguement Eagle Twin, et enfin une sorte de Knut et Today Is The Day conjugués aux deux premiers Lazarus Blackstar. Finalement, je doute sérieusement que vous et moi nous y retrouvions dans une telle description, simple technique de vente destinée à rendre palpable et lisible l’association de tons telle que la pense Palehorse : chaotique, arythmique, imposante. Noise, hardcore, sludge, je me suis rarement autant moqué des étiquettes envisageables. Je vous somme d’en faire autant.

 

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[Ken Mode – entrench 2LP – 2013]

Depuis dix ans, Ken Mode ne cesse de redéfinir des codes qui nous semblaient définitivement – presque – figés. Plus il avance, plus il s’enrichit, optimisant d’une part ce qu’il propose depuis ses débuts, insérant d’autre part toujours plus de variations. L’identité de Ken Mode est devenue insaisissable, leur musique tour à tour frontale, hypnotique, chaotique, mélodique, cathartique, plongée dans le noise, le hardcore, un rock aux doux airs de nineties… Logique symbole de ce constat, Entrench met en avant la mélodie – plus encore que sur Venerable – sans rompre le charme brutal : Ken Mode reste une formidable machine à concasser, un groupe constamment pertinent maîtrisant à la perfection les effets de passerelle. Derrière l’urgence de leur musique, l’incroyable puissance dégagée, se cache une émotion nouvelle, plus introspective, aussi bien dans le chant que dans la dynamique générale. On s’y attendait, le son de Ken Mode se meut dans un contexte riche, respire plusieurs airs, rend l’éclectisme de ses origines parfaitement sensé, presque imperceptible. Le groupe utilise chaque aération non comme une bête pause – l’écueil le plus courant –, mais comme un formidable tremplin rythmique décuplant sa force. Par-delà même la finesse de ses compositions, la puissance de ses albums, c’est cette cohérente et cette pertinence qui font de Ken Mode probablement le groupe le plus intéressant et régulier depuis une bonne dizaine d’années, au sein « d’une scène » manquant sérieusement de second souffle.

 

 http://www.lafilledurock.com/wp-content/uploads/Power-Trip-Manifest-Decimation.jpg

[Power Trip – manifest decimation LP – 2013]

 

Depuis près de cinq ans, Southern Lord n’est plus simplement le label qui réédite Goatsnake, Burning Witch ou Winter, qui sort Wolves In The Throne Room ou Sunn O))). Il est un porte-parole populaire de la néo-scène crust, celle qui redécouvre Entombed après avoir subi les assauts de Cursed. Bref, sans les les conseils extatiques d’un ami, j’aurai probablement laissé mon instinct déconnant prendre le dessus, donc continuer à reléguer Power Trip au rang d’une énième sortie dispensable. Mangé le crust moderne, ravalée la décharge hardcore qui fait prout, Manifest Decimation est un immense coup de pied au cul des années 80, un manifeste pro-thrash(core) rédigé par une bande de jeunes Texans crasseux, fans de Nuclear Assault, fans de Cro-Mags, il est un disque surpuissant, un genre de déflagration nucléaire qui n’épargne rien ni personne. A mille lieues des vannes plus ou moins sauvages de Municipal Waste, sans un brin de modernité dans ses compos, Power Trip réalise probablement l’un des albums du genre le plus brut et intransigeant depuis belle lurette. Moi, j’appelle ça le chaos.

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Published by Alexis
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